Le GIEE “Champs d’action combretois” en voyage d’étude dans les Monts du Lyonnais

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Depuis deux ans maintenant, plusieurs agriculteurs de la CUMA de Combret réfléchissent sur la réduction du travail du sol et poursuivent leurs expérimentations. Les 08 et 09 septembre, les agriculteurs combretois se sont rendus dans les Monts du Lyonnais, à la rencontre d’un autre GIEE ayant travaillé sur les mêmes sujets.

4h30 de route séparent Combret de Haute-Rivoire, petit village à la frontière de la Loire et du Rhône, à l’entrée des Monts du Lyonnais. Sur cette commune, un éleveur, Mathieu Razy, accueille du 08 au 09 septembre neuf agriculteurs du GIEE des Champs d’action combretois. Le temps d’un soir et d’une journée, sa ferme des Bourettes se transforme en centre de formation.

Eleveur de vaches Aubrac en agriculture biologique et en vente directe, Mathieu a fait partie d’un GIEE de 2016 à 2021, qui a travaillé sur les objectifs suivants : mieux gérer l’épandage, valoriser la ressource ligneuse au niveau du territoire, réduire le travail du sol en travaillant sur le semis simplifié, et développer la production de légumineuses et de méteils. Les agriculteurs du Rhône se sont vite rendu compte que tous ces axes de réflexion étaient liés entre eux par un élément : le sol.

Le GIEE a donc mis en place plusieurs actions pour améliorer la qualité du sol. A travers leur CUMA, les agriculteurs ont pu acheter du matériel adapté au semis direct. Mais ils ont également mené une opération auprès des collectivités, pour récupérer les déchets verts, dont certaines communautés de commune ne savent pas comment se débarrasser. L’apport de ligneux est pourtant capital pour augmenter le taux de matière organique d’un sol. Via des plateformes de dépôt de déchets verts, les agriculteurs peuvent directement se servir pour leurs champs. 

En parallèle de l’histoire du GIEE, Mathieu fait aussi visiter sa ferme et ses parcelles. Sur le site des Bourettes, le labour a été supprimé, de nombreuses haies ont été plantées, des couverts sont régulièrement semés : après un travail de plusieurs années, ses parcelles ont récupéré un taux de matière organique entre 4% et 5%. “La ferme France possède un taux de matière organique autour de 2%”, explique-t-il. Mais augmenter son taux de MO est fondamental. Preuves à l’appui, il montre la différence entre des couverts semés sur des sols à 2% de MO, et des sols à 5%. “J’ai semé sur ces deux parcelles le même jour, les mêmes semences, avec les mêmes outils. Sur la parcelle à 5%, j’ai plus que triplé mes rendements”.

Autre thème du voyage : la ressource en eau. Après cet été où la chaleur et la sécheresse ont empêché le développement des couverts d’été dans le sud Aveyron, l’enjeu de retenir l’eau est central. Et là encore, un sol avec plus de MO, c’est un sol qui retient mieux l’eau, note Mathieu. Un expert de la ressource en eau, Santiago Mass, salarié de la FRCUMA Auvergne Rhônes Alpes, est venu à l’occasion présenter des méthodes pour freiner l’eau sur les parcelles.

Pour les sud-aveyronnais, l’objectif de ce voyage était de voir ce qui s’est fait ailleurs sur les techniques culturales simplifiées et sur les couverts végétaux, sur lesquels le groupe travaille depuis quelques années. Mais ils ont également pu profiter de moments conviviaux avec Mathieu, discuter avec d’autres agriculteurs, et manger le bon burger bio et local de la ferme des Bourettes ! Un voyage inspirant pour le collectif, qui repart avec de nouvelles envies…