Entretien avec Raymond Llorens, nouveau président de la FRCuma Occitanie

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Suite à l’AG du 2 avril, Raymond Llorens a été élu à la tête de la FRCuma Occitanie. Il succède à Éric Encausse, qui n’a pas demandé à renouveler son mandat pour s’investir dans un nouveau projet professionnel.

Je suis installé depuis 2003 sur 35 ha de vignes. L’exploitation est située sur la commune de Mas-de-Londres au nord de Montpellier et au nord du Pic-Saint-Loup. Je suis associé coopérateur à la cuma des Verriers et vigneron coopérateur à la cave coopérative La Gravette de Corconne.

Ça semblait naturel, la Cuma est sur le village. Au moment de mon installation, j’ai fait le choix de m’orienter vers la Cuma et de voir dans les premières années si la Cuma pouvait répondre aux besoins de mécanisation notamment pour la vendange.

A l’époque, la vendange s’organisait parcelle par parcelle. Aujourd’hui le chantier est planifié avec la cave coopérative en fonction de la maturité des cépages et des travaux de vinification. La production a évolué vers le blanc et le rosé, et moins de rouge. La qualité impose aussi de récolter le matin et la nuit.

Pour moi, le point fort de la Cuma, c’est le groupe, le lien social, l’entraide, les échanges, le partage du vécu et des expériences, voir ce qui se fait, c’est riche et inspirant, un soutien moral et matériel.

A l’inverse, la faiblesse de la Cuma, ça peut être le manque de cohésion et d’organisation au sein du groupe. C’est le facteur humain qu’il faut cultiver, qui fera que le groupe fonctionne, et que chacun s’y sente bien.

Notre réseau est une organisation où tous les échelons constituent un maillon indispensable, en partant de la Cuma et du maillage sur le territoire, en passant par les fédérations de proximité et la fédération régionale. La FRCuma doit représenter la diversité des territoires et des agricultures, que l’on retrouve dans nos Cuma. C’est essentiel pour notre réseau et pour notre région agricole où les territoires et la diversification sont une caractéristique et une plus-value évidentes.  

Les difficultés actuelles nous incitent aussi à renforcer le travail en partenariat pour relever les enjeux agricoles centrés autour du revenu, du bien-être au travail, de l’adaptation au changement climatique et de la prise en compte des ressources sol et eau.  

Enfin, l’organisation régionale doit porter sa voix singulière au niveau national.

Heureusement, être président n’est pas un objectif en soi, ça se construit en équipe. La mission émane du conseil d’administration et des Cuma dans leur grande diversité.

Continuer à promouvoir l’agriculture collective et son intérêt pour notre région, pour stabiliser l’économie des exploitations, faciliter les transmissions des structures, soutenir moralement, matériellement et financièrement les installations, redonner aux exploitations des capacités à investir, innover, s’adapter et à réaliser leurs projets.

Ce discours aujourd’hui doit être porté par notre réseau et tous les acteurs du développement agricole.