« La Cuma, c’est croire que ce n’est pas chacun pour soi » : Interview de notre nouvelle trésorière

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Trésorière à la fédération des CUMA de l’Aude, Margot Morisot est la nouvelle trésorière de la FRCuma Occitanie. Elle a aussi en charge l’installation, un dossier régional d’importance. Voici sa vision de l’action des CUMA.

Je suis éleveuse et brasseuse dans les Pyrénées audoises, sur le plateau de Sault situé entre Aude et Ariège. J’élève un petit troupeau de Black Angus en système pastoral extensif et je cultive de l’orge et du houblon pour brasser une bière fermière. 

La bière est vendue aux restaurants de l’Aude et je commercialise la viande en vente directe. Toute ma production est bio.

C’était une évidence pour moi au moment de mon installation il y a huit ans. Je voulais réduire les charges de mécanisation au maximum et emprunter le moins possible pour le matériel. Je souhaitais garder ma capacité d’emprunt pour investir dans le matériel nécessaire à la brasserie, qui lui serait plus difficilement mutualisable.

À la Cuma du Petit Plateau, j’ai aussi trouvé un collectif qui avait l’habitude de travailler ensemble. Ça m’a permis de m’intégrer beaucoup plus facilement sur le territoire.

Tout me motive. Que ce soit les semis ou le repas de midi, tout à un intérêt à être joué en collectif. La Cuma rassemble des hommes et des femmes autour de la machine et d’un but commun, mais avant tout, elle rassemble. Le groupe permet de mieux affronter les difficultés. Et aujourd’hui, dans le contexte que l’on connaît, il faut se serrer les coudes. La Cuma, c’est croire que ce n’est pas chacun pour soi.

Le frein ? C’est qu’on reste des humains. La Cuma, c’est jongler avec un compromis permanent. Pour partager, il faut s’entendre et ce n’est pas toujours facile. C’est là, qu’en tant qu’élue, j’interviens souvent pour jouer l’arbitre. Ce n’est pas toujours marrant mais c’est nécessaire : la Cuma est un outil qu’il faut préserver.

La FR permet de rassembler autour de la table toutes les fédérations départementales. Elle apporte de la coordination dans les projets de terrain.
La FR relaie la parole des Cuma aux instances régionales qui définissent la politique agricole régionale.

En tant qu’élue de la FR, j’ai participé à la grande consultation CORAE qui rassemble agriculteurs et scientifiques afin de dessiner les axes de recherche de demain. Il était primordial de porter la parole des Cuma et du collectif afin que le groupe soit reconnu comme un outil de travail indispensable pour l’avenir.

Les Cuma aident l’installation, c’est un fait. Elles permettent aux nouveaux installés de bénéficier de matériels déjà présents et d’intégrer des groupes déjà constitués. Les Cuma doivent faire partie intégrante du parcours à l’installation et la FR doit porter ce projet au sein des institutions.

Propos recueillis par Pascal Ichanjou